Le latin était la langue parlée par la population de l'Empire romain. Elle était la langue du droit, de l'administration romaine, de l'armée et des nombreuses colonies romaines. Pendant des siècles le latin fut la langue savante et la langue de l'Église catholique romaine. Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin, ce sont les langues romanes comme le catalan, l'espagnol, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain et... l'arpitan. Beaucoup de ces langues se sont depuis, à la base du latin, codifiées sous la conduite de la politique et des académies, pour former une orthographe officielle. Mais.. osez vous confronter à l'intercompréhension entre langues romanes, vous serez surpris de ce que vous êtes capables de comprendre ! Car malgré les différences de prononciation et de graphie, grâce à leur fond commun (le latin) une intercompréhension reste possible.

Quant à l'arpitan (autrefois francoprovençal), on a tenté longtemps de résoudre le problème au niveau de chaque « patois », en adoptant des graphies strictement phonétiques et locales. Cela empêchait l'intercompréhension écrite. Pour résoudre ce problème, en 1998 le Dr Dominich Stich a inventée l'Orthographe de Référence. Cette graphie a été fortement soutenue par l'Alliance culturelle arpitane et a été adoptée par plusieurs « patoisants », pour écrire des textes courants dans les journaux, sur internet et les publications à public non spécialisé.

Il s'agit d'une orthographe "supradialectale" dans laquelle on écrit plus de choses que ce qu'on entend, comme dans la plupart des langues européenne. Elle permet à chaque locuteur de lire tout en prononçant à la manière de son village. Un peu comme si on avait en français, une personne qui parle en québequois, l'autre en français belge et un autre en français de Rhône-Alpes, mais ils pratiquent pourtant tous la même graphie. Elle permet aussi aux non-arpitans de s'initier à la langue régionale, grâce aux liens avec les orthographes des autres langues latines. Cette orthographe supradialectale ne prétend pas imposer une langue artificielle commune: c'est seulement une notation qui convient à tous les dialectes arpitans. Pour se rapprocher du dialecte local, l'Orthographe de Référence propose sa « graphie serrée ». Cette graphie serrée apporte une touche spécifique à son parler local, à son village, en modifiant légèrement l'orthographe supradialectale. Comme dans toutes les langues développées, les mots se trouvent dans des dictionnaires, conformes selon l'Orthographe de Référence.

Cette Orthographe de Référence peut évoluer dans ses formes, car elle reste encore aujourd'hui perfectible. Après l'Orthographe de Référence autrefois appelée A (O.R.A.), et quelques améliorations, on utilise aujourd'hui une appellation B (O.R.B.). Cela pourrait aboutir à une O.R.C. issue de l'usage de l'ORB, car de plus en plus de gens en découvrent l'intérêt.

Aujourd'hui, ont été traduites plusieurs bandes dessinées (comme les Aventures de Tintin) en arpitan et l'Orthographe de Référence est adoptée par nombre de patoisants sur internet venant de la France, de l'Italie ou la Suisse. Ils communiquent tous dans cette graphie simple, par exemple sur les forums de discussion ou les réseaux sociaux.