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Tag - franco-provençal

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lundi 3 août 2009

Qu'est-ce que le francoprovençal?

Gaston en arpitan et autres langues régionales Gaston Lagaffe de Franquin devient Gust Leniolu en arpitan savoyard. Source © Marsu Productions.

L’arpitan, également appelé francoprovençal (à ne pas confondre avec le provençal) est une langue à part entière, mais repérée seulement au XIXe siècle, et dont les spécificités et les frontières n’ont été définies qu’au courant du XXe siècle, ce qui explique qu’elle soit si mal connue (localement on dit sans complexe “le patois”). Sa principale particularité réside dans la double évolution du A latin, qui est resté a sauf quand la consonne précédente est une palatale (c, ch, j, y, ly, gn, parfois r), auquel cas elle a évolué vers ié, é, i. C’est la raison pour laquelle on trouve l’infinitif chantar “chanter” à côté de changiér “changer”, et la formation du féminin des adjectifs jôno “jaune”, vèrd “vert” qui donnent jôna, vèrda (féminin en -a), tandis que rojo “rouge”, blanc “blanc” donnent roge, blanche (féminin en -e).

L’arpitan est parlé dans trois pays : l’Italie (vallée d’Aoste et 8 vallées piémontaises), la Suisse romande (sauf le canton du Jura) et la France (pays de Savoie, Lyonnais, Forez, nord-Dauphiné, sud de la Bourgogne (Bresse, Bugey, Dombe, Beaujolais..) et de la Franche-Comté), à l’intérieur d’un quadrilatère Roanne-Neuchâtel-Aoste-Saint-Etienne. Les villes principales sont Aoste, Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel, Sion, Lyon, Grenoble, Chambéry, Annecy, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, Lons-le-Saunier et Pontarlier. Sa riche littérature a commencé dès la fin du XIIIe siècle et s’est poursuivie sans interruption jusqu’au XXIe siècle. On y trouve de véritables chefs-d’œuvre, mais trop souvent ignorés.

Francoprovençal/Arpitan et orthographe

drapeau patoisants francoprovençal L'idée d'une graphie unifiée nous semble importante pour assurer une bonne diffusabilité des textes en arpitan dans une zone qui dépasse largement le cadre de la communauté dans laquelle ils ont été écrit. Cela signifie que des textes écrits en phonétique dans un patois donné ne sont habituellement pas lus par les locuteurs des autres dialectes pour des raisons de déchiffrabilité.

Lire un texte phonétique écrit dans un patois qu'on n'a pas l'habitude de lire est un exercice difficile et très fatigant, et généralement on arrête de lire ce genre de textes après quelques paragraphes. La raison de cette fatigue intense en est simple: pour déchiffrer le sens d'un texte en phonétique, on fait intervenir la zone de l'oralité du cerveau, et que pour lire de manière fluide, c'est la zone du langage écrit qui intervient. Les mots sont mémorisés de manière photographique dans la zone du langage écrit, et c'est pour ça qu'il est important qu'un texte respecte certains code stables pour une majorité des mots qu'il contient - les noms communs, les adjectifs par exemple - pour assurer sa lisibilité au-delà des premiers paragraphes par l'ensemble des locuteurs de la zone. Voir à ce sujet la présentation faite par l'Aliance culturèla arpitana au colloque d'Yvoire de l'Association des Enseignants de Savoyards en avril 2006.

Des mots comme lafé, lassé, et lahél ont tous la même origine étymologique signifiant "lait", et peuvent avantageusement être orthographiés "laçél" par tout le monde, chacun connaissant dans son patois, le code permettant de transcrire en son le mot écrit, tout comme on prononce "mehsieu" quand on lit "monsieur", et non pas "monsieuh re". Dans cet exemple certains prononcent le "l" final, d'autres non, certains sauront que le "ç" est muet dans leur patois, et les autres prononceront naturellement après apprentissage "f" ou "ss" a la lecture du "ç".

Il est évident qu'un graphie unifiée nécessite un apprentissage préalable, alors qu'une graphie phonétique peut être utilisée directement. Mais ceci n'est pas une limitation de la graphie unifiée, puisque cet effort d'apprentissage est en fait un investissement qui permet par la suite d'assurer une plus grande diffusion de textes, et donc une plus grande viabilité de la langue à terme, puisqu'il permet l'édition de livres en grande série, comme des livres scolaires pour ne citer qu'eux.

La graphie unifiée est également primordiale sur internet, pour pouvoir effectuer des recherches par mots clef sur un forum ou un site web, car il est impossible d'essayer toutes les formes orales possibles pour un mot clef lorsqu'on recherche de l'information. Les graphies phonétiques ont leur utilité pour la poésie et pour les anciens qui écrivent en patois et qui n'ont pas le temps, ni l'énergie, ni l'envie d'apprendre une orthographe, mais dès lors que l'on veut assurer la pérénnité d'une langue qui n'est plus réellement pratiquée dans toutes les situations de la vie quotidienne, il devient nécessaire de l'enseigner en classe et que l'intercompréhensibilité à l'écrit dépasse le cadre étroit de la région, du village, ou de la famille, pour s'étendre aux quelques dizaines de milliers de locuteurs actifs. Il est donc nécessaire d'enseigner aux enfants dans les cours de patois une graphie qui leur permettra de ne plus limiter l'usage de la langue de leurs aïeux à leur seul entourage proche.

C'est donc dans l'idée de contribuer à assurer la pérénnité de la langue arpitane que l'association Aliance culturèla arpitanna mène des actions médiatiques en langue arpitane et promeut l'idée d'une graphie supradialectale.

romance romane arpitan

Les langues romanes en Europe.

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